Hommage à Sabine Valence

                                                                            Sabine Valance-Novak.

                                                         Le ministre de l'Intérieur Claude Guéant est venu porter l'hommage de la nation. Photo Alexandre Marchi

                                                         Le ministre de l'Intérieur Claude Guéant est venu porter l'hommage de la nation. Photo Alexandre Marchi

L’esprit de corps n’est pas une image chez les sapeurs-pompiers. Ils l’incarnent lorsqu’il s’agit de faire leurs adieux à l’une des leurs. En provenance de tout le département, 500 d’entre eux sont venus hier à Vézelise rendre, dans un silence pesant, les derniers honneurs, au lieutenant Sabine Valance. Évacué dans un état désespéré lors d’une intervention sur un feu industriel touchant l’entreprise de stockage de produits phytosanitaires SeVal à Ludres dans la banlieue de Nancy le 30 avril, l’officier de 46 ans est décédé le 3 mai. Elle avait été découverte inanimée dans les locaux noyés sous la mousse.

Gendarmerie, police, armée de l’air, ont également apporté, avec les élus, un ultime témoignage de reconnaissance à la disparue qui, en enfilant l’uniforme de volontaire en 1983 au centre de secours de Vézelise puis de professionnelle en 1985, a patiemment gravi les échelons pour poser des barrettes sur ses épaules.

C’est à la femme qui « avait su trouver sa place dans la grande famille des sapeurs-pompiers », à son parcours que le ministre de l’Intérieur Claude Guéant et sa collègue au gouvernement, Nadine Morano, sont venus rendre hommage au cours d’une cérémonie protocolaire, mais empreinte d’une émotion aussi lourde que discrète dans les rangs des secouristes. Chez eux tout le monde partage les peines, y compris les plus jeunes au garde à vous comme les autres dans leur uniforme de novices. Ils découvrent que le silence de leurs pairs, si profond que les talons d’une passante sur le pavé résonnaient comme ceux d’une armée, en dit long sur le poids de la douleur.

Selon la tradition pour les décès en service commandé, le cercueil de Sabine Valance est arrivé doucement sur une grande échelle pour être amené au centre de la place de l’Hôtel de ville. « La France perd avec elle, un sapeur-pompier reconnu », dit Claude Guéant à propos de la formatrice et de la spécialiste des risques chimiques et radiologiques qu’était le lieutenant Valance promu de la seconde à la première classe. Elle a également été citée à l’ordre de la Nation, faite chevalier de la Légion d’honneur avant de recevoir la médaille d’or pour actes de courage et de dévouement, la médaille d’honneur des sapeurs pompiers et la médaille d’or de sa fédération nationale. « Ces distinctions sont de modestes témoignages de notre gratitude », indique Claude Guéant.

« Tout est fait, dans le cadre de deux enquêtes en cours, pour comprendre ce qui s’est passé », ajoute le ministre de l’Intérieur et « combien était fédératrice sa présence parmi vous », poursuit-il à l’adresse des collègues de la disparue.

Bien des images resteront de cette cérémonie, certaines plus fortes que d’autres, comme celle de Clément, 15 ans, le cadet des enfants de Sabine Valance, portant le casque de sa mère et suivant son corps les yeux baissés sur son chrome étincelant. L’émotion s’est faite plus intense encore quand la grande échelle chargée du cercueil couvert du drapeau tricolore a traversé la place pour rouler vers l’église. Des larmes ont coulé sous les casques.

                                              Le corps de Sabine Valance part sur la grande échelle en direction de l’église, l’un des moments les plus forts de la cérémonie. Photos Alexandre MARCHI

                                              Le ministre de l'Intérieur Claude Guéant est venu porter l'hommage de la nation. Photo Alexandre Marchi